Les éditeurs de langue anglaise pas enclins à la traduction

Que se passe-t-il avec les éditeurs de langue anglaise?

On aura beau dire ce que l’on voudra, les éditeurs de langue anglaise ne sont vraiment pas enclins à la traduction. Les œuvres littéraires provenant d’autres sources que l’anglais ne représentent que deux à trois pour cent de ce que les éditeurs anglais peuvent produire. Comment expliquer cela? Madame Hephzibah Anderson tente d’élucider la question. 

Pour certains, ce problème est chiffré à deux pour cent, et pour d’autres il est de trois pour cent. Tout dépend des statistiques utilisées. Mais comme pour la plupart des statistiques, il y a toujours matière à interprétation. Un constat demeure : les éditeurs de langue anglaise affichent un bilan lamentable lorsqu’il s’agit de traduire les meilleurs récits de par le monde.

Incontestablement, parmi les « sorties de l’automne » provenant de part et d’autre de l’Atlantique, pas plus de deux ouvrages traduits ne sont dignes de mention. La sortie prochaine de L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, racontant l’histoire d’un être solitaire rejeté par ses camarades, s’est taillé une place notable, et Publishers Weekly a accueilli triomphalement La trilogie Trois Corps, une escapade futuriste de Cixin Liu, l’un des meilleurs auteurs chinois de science-fiction. Cependant, les autres nouveaux titres qui ont fait leur entrée sous les feux de la rampe à ce moment frénétique du calendrier des publications provenaient presque exclusivement d’auteurs de langue anglaise : Hilary Mantel, Ian McEwan, Peter Carey, Colm Toibin, Martin Amis, Margaret Atwood, Sarah Waters, Richard Ford,…

La littérature, en particulier la fiction, ouvre une fenêtre névralgique sur la vie d’autrui, renforçant l’empathie et la compréhension; des sentiments que peu de voyages ne parviennent à offrir. En ne faisant pas traduire systématiquement leurs livres, les éditeurs nous privent d’une plus grande exposition à l’une des fonctions essentielles de la lecture. Comparez ces 2 à 3 % chez les anglophones aux statistiques en France, où 27 % des livres publiés sont des traductions. Et si cela semble beaucoup, sachez que ce pourcentage passe à 28 % en Espagne, à 40 % en Turquie, et bondit à 70 % en Slovénie.

Bien sûr, ces écrivains qui envahissent les tablettes des livres d’automne sont unis autrement que par la langue d’écriture; plutôt par leur excellence. Et n’oublions pas que s’ils écrivent en anglais, ils sont originaires soit des États-Unis, du Canada, de l’Irlande ou de l’Angleterre. En outre, ces rangs pourraient facilement gonfler en comptant des auteurs de l’Inde (Salman Rushdie), de l’Afrique du Sud (JM Coetzee) ou du Nigéria (Chimamanda Ngozi Adichie). Il y a tant de pays où l’anglais constitue soit la langue maternelle ou une importante seconde langue, tous dotés de cultures littéraires évoluées, que les éditeurs de Londres et de New York ont déjà l’embarras du choix. Pourquoi partiraient-ils à la recherche de territoires qui leur proposent le lourd fardeau de la traduction?

 

La suite la semaine prochaine!

Crédit photo | Books are for throwing by Andrew Hefter on Flickr

Posted on October 21, 2014 in Domaine de la traduction

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